Les aboiements chez le chien

Le chien utilise les aboiements pour communiquer ses émotions et ses besoins. Lorsqu’ils ne sont pas compris ou que le besoin derrière n’est pas pris en compte, ils peuvent devenir difficiles à gérer au quotidien.

La première étape pour bien intervenir est d’essayer d’identifier la fonction du jappement : exprimer une émotion ou un besoin, obtenir ou éviter quelque chose ? Plutôt que de chercher à supprimer les jappements, on cherche à comprendre ce qui les cause pour pouvoir le modifier.

Tous les aboiements ne se ressemblent pas et doivent être interprétés en fonction du contexte et du langage corporel. Tu peux lire ces articles au besoin :

Les besoins sont-ils comblés ?

Avant d’intervenir sur les jappements, la première chose à évaluer est si les besoins du chien sont comblés.

  • A-t-il mangĂ© ?

  • A-t-il bu ?

  • S’est-il suffisamment dĂ©pensĂ© ?

  • A-t-il eu des moments de repos ?

  • A-t-il eu des interactions sociales suffisantes ?

  • A-t-il accès Ă  suffisamment de mastication et d’enrichissement ?

  • A-t-il fait ses besoins ?

  • PrĂ©sente-t-il un inconfort ou une douleur quelque part ?

  • Est-il capable de rester seul ? Les jappements liĂ©s Ă  l’anxiĂ©tĂ© de sĂ©paration nĂ©cessitent une approche spĂ©cifique, car il s’agit d’une rĂ©elle dĂ©tresse.

Un chien dont les besoins sont comblés aura moins tendance à japper de façon excessive et sera dans de meilleures conditions pour apprendre.

Gestion de l’environnement

Adapter l’environnement permet souvent de rĂ©duire les aboiements sans intervenir directement sur le comportement. Pour que l’entraĂ®nement soit efficace, Ă©viter autant que possible la pratique des comportements indĂ©sirables. Cette gestion peut ĂŞtre allĂ©gĂ©e temporairement lors des sĂ©ances d’entraĂ®nement ou lorsque tu es en supervision active. 

Par exemple :

  • couvrir partiellement les fenĂŞtres ou utiliser des films givrĂ©s

  • utiliser du bruit blanc ou de la musique au besoin pour masquer les dĂ©clencheurs

  • gĂ©rer les accès (portes, pièces, balcon) pour limiter les dĂ©clencheurs

  • prĂ©voir des activitĂ©s de mastication longues (Kong, tapis de lĂ©chage) de façon prĂ©ventive

  • anticiper les moments dĂ©clencheurs (repas, visites, etc.)

  • crĂ©er un espace de repos calme et sĂ©curisant (coin tranquille, cage ouverte, tapis)

  • Ă©viter de laisser le chien en situation d’échec rĂ©pĂ©tĂ©e (ex. seul Ă  la fenĂŞtre toute la journĂ©e)

Les types de jappements :

Les aboiements émotionnels (non volontaires)

Certains aboiements sont déclenchés par des états émotionnels forts tels que :

  • Peur

  • AnxiĂ©tĂ©

  • Stress

  • Excitation

  • Frustration

Peur, anxiété, stress

Dans ces cas, l’objectif est de modifier l’émotion négative à la source du comportement.

La première étape est d’identifier les déclencheurs, puis de les désensibiliser progressivement, en respectant le rythme et les capacités du chien.

  • Ne pas rĂ©primander : cela pourrait aggraver le stress et renforcer l’émotion nĂ©gative.

  • Aider le chien Ă  s’éloigner du dĂ©clencheur (bruit, personne, chien, etc.) avec un cherche, cela aidera Ă  crĂ©er une association positive. Avec le temps, il apprendra Ă  s’éloigner de lui-mĂŞme plutĂ´t que de japper.

  • Avec le temps, Ă  mesure qu’il prendra confiance, il n’aura peut-ĂŞtre plus besoin de s’éloigner face Ă  ces situations.

  • Rassurer un chien apeurĂ© ne renforce pas sa peur : offrir du rĂ©confort ou des rĂ©compenses aide Ă  modifier son Ă©motion. Utiliser un ton doux et neutre.

  • Si le chien est simplement incertain ou en observation, il est tout Ă  fait appropriĂ© de le laisser regarder Ă  distance, en respectant son rythme. L’objectif est qu’il puisse observer sans dĂ©passer son seuil de tolĂ©rance.

Excitation

Lorsqu’un chien jappe par excitation (pendant le jeu, par exemple) :

  • Faire des pauses rĂ©gulières pour lui permettre de redescendre. Alterner entre jeu et tapis de calme.

  • Apprends Ă  ton chien un signal clair qui indique que le jeu ou l’entraĂ®nement est terminĂ© afin d’éviter la frustration.

  • Proposer des jeux de rĂ©flexion ou de flair pour canaliser son Ă©nergie mentale.

  • Les chiens bĂ©nĂ©ficient de routines prĂ©visibles.

    → Offrir une activité plus stimulante (marche, jeu, exploration, entraînement).

    → Suivre avec une période plus calme (mastication, tapis de fouille, etc.).

    → Puis permettre un temps de repos ou de détente.

    Alterner ces moments au cours de la journée aide le chien à mieux s’autoréguler et à prévenir la surcharge émotionnelle et diminuer les jappements.

Frustration

Ton chien peut japper parce qu’il :

  • veut obtenir ou accĂ©der Ă  quelque chose (chien, humain, objet, lieu…).

  • ne comprend pas ce qui est attendu de lui

  • est empĂŞchĂ© d’agir (barrière, laisse, attente)

  • Apprends lui que pour obtenir ce qu’il veut, il doit le faire de manière plus calme et adaptĂ©e.

  • Utiliser des signaux clairs : par exemple « ok vas-y » pour donner accès ou « on continue » si tu ne souhaites pas donner accès. Une communication claire et cohĂ©rente aide Ă  diminuer la frustration.

  • Tu deviens ainsi la porte d’accès vers ce que ton chien souhaite atteindre. Par exemple : s’il veut aller saluer une personne, attendre qu’il te regarde, revienne vers toi ou s’apaise. S’il tire ou jappe, l’interaction ne se produit pas.

  • Les exercices d’autocontrĂ´le aident Ă  dĂ©velopper la patience et la tolĂ©rance Ă  la frustration.

  • Des exercices peuvent ĂŞtre mis en place afin d’amĂ©liorer la tolĂ©rance du chien aux contraintes, comme les barrières ou la laisse.

Aboiements de demande d’attention ou expression de besoin (volontaires)

Certains aboiements sont maintenus parce qu’ils permettent au chien d’obtenir une interaction, une réponse ou une ressource.

Par exemple pour obtenir de l’attention, demander de l’aide, pour jouer, demander la porte ou de l’eau ou de la nourriture.

Répondre brièvement et rediriger

Tu peux répondre après 1 ou 2 jappements, puis rediriger vers une activité plus calme (ex. : mastication, tapis, activité de flair).

Si les jappements sont prévisibles (ex. : à l’heure des repas, pendant que vous cuisinez), anticiper en offrant une activité adaptée avant que le comportement n’apparaisse.

Ignorer de façon cohérente

  • Si le choix est d’ignorer, s’assurer qu’il s’agit rĂ©ellement d’une demande d’attention et que les autres besoins sont comblĂ©s. Japper reste de la communication et demander de l’attention est normal, je trouve plus facile de rediriger que d’ignorer. 

  • Si tu choisis d’ignorer, sois constant : aucune attention ne doit ĂŞtre donnĂ©e (ni regard, ni parole, ni interaction).

  • Il est essentiel de ne pas cĂ©der, mĂŞme après plusieurs minutes, car cela renforcerait les jappements.

  • Attention : ignorer peut entraĂ®ner une augmentation temporaire du comportement (extinction burst). Il est important d’y ĂŞtre prĂ©parĂ© et de rester cohĂ©rent.

  • Cette stratĂ©gie n’est pas adaptĂ©e aux aboiements liĂ©s Ă  la peur, Ă  l’anxiĂ©tĂ© ou Ă  la dĂ©tresse.

Enseigner des comportements alternatifs

Plutôt que de simplement vouloir faire cesser les aboiements, il est essentiel d’enseigner au chien quoi faire à la place.

Par exemple :

  • regarder son humain

  • revenir vers son humain

  • aller sur son tapis de calme

  • chercher de la nourriture au sol

Ces comportements permettent au chien de répondre différemment à ses émotions ou à ses besoins.

Les jappements ne sont donc pas un problème en soi : ils deviennent difficiles lorsqu’ils ne sont pas compris. En travaillant sur la cause et en guidant le chien vers des comportements alternatifs, on obtient des changements durables et votre chien sera heureux d’être mieux compris.